Je ne supporte pas les bruits anodins

Ce forum s'adresse aux gens touchés par un cas spécifique de troubles obcessionnels compulsifs. Le fait de se mettre en colère suite aux bruits de la vie quotidienne, provoqués par d'autres. Ceux qui en sont atteints comprendront qu'ils ont leur place sur
 
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 un peu psychologue sur les bords

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cecily



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MessageSujet: un peu psychologue sur les bords   Lun 5 Aoû - 12:06

Eh bien moi je l'ai la licecne en psychologie (bac+5), mais je n'ai jamais exercé le métier de psychologue, car j'ai étudié la psychologie après avoir eu ma licence en droit, et qu'ensuite, j'ai travaillé comme juriste.

J'ai enchaîné la psycho après le droit car l'idée que je pouvais comprendre ma misophonie au lieu de la cacher et d'en avoir honte, m'enthousiasmait.
Donc je voulais trouver la raison et la solution à mon problème.
Mais en psychologie et psychiatrie, mon problème n'avait même pas de nom et n'était décrit nulle part.

Même après mes études de psycho, je n'ai jamais parlé de ma misophonie à personne car je ne savais pas que d'autres personnes souffraient de la même chose, et que j'avais quelque chose de typique.
C'est Internet qui va faire progresser la psychologie et la psychiatrie, et pas une personne toute seule.

Maintenant seulement, le fait d'avoir étudier la psychologie et de m'y être intéressée même au-delà de mes études, me donne une assurance et une richesse intérieure et peut-être aussi le devoir de communiquer. (à suivre. J'envoie déjà cela car mon ordi me fait souvent des arrêts inopinés et alors je perds tout. Je n'ai pas de licence en informatique.)


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cecily



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MessageSujet: la cueillette des framboises   Lun 5 Aoû - 12:42

Bon, je continue.

J'ai depuis des années l'impression désespérante et exaltante (à la fois), que je suis en avance sur mon temps et que je sais des choses que personne ne sait.
Hier, je m'éloignais de la terrasse où tout le monde parlait et mangeait. Misophonie oblige! Contrainte de passer le temps dans les endroits où personne ne se trouve, j'explorais les recoins du domaine où j'étais, et je découvrais toute une haie de framboisiers pleins de gros fruits bien mûrs et très sains. Je suis allée chercher ma boîte à tartines et je l'ai remplie de framboises. Aujourd'hui, j'ai deux petits pots de coulis au congélateur.
En cueillant les framboises, j'ai songé à plein de choses. Tout d'abord, la misophonie m'oblige à m'éloigner du groupe et à explorer les endroits où personne ne va, et de là, je reviens avec des richesses dont les autres ignorent l'existence. C'est vrai au propre et au figuré.

Je crois bien que la psychiatrie et la psychologie ne sont nulle part. C'est encore le règne de l'obscurantisme là-dedans.
Ceci, parce que les deux disciplines se trompent d'objet, surtout la psychiatrie. Leur objet, ce n'est pas les gens malades, mais les gens hors norme.
Certaines personnes hors norme, après avoir rencontré trop d'échecs dans leur effort de s'adapter aux normes fixées par les autres, finissent par devenir malades. Mais nous, qui sommes pour la plupart hors norme et en bonne santé physique et mentale, on aimerait bien qu'on s'occupe de notre cas avant de devenir des malades!

(à suivre)
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cecily



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MessageSujet: Re: un peu psychologue sur les bords   Lun 5 Aoû - 12:56

En sciences humaines, qu'est-ce que la norme? C'est le haut de la courbe de Gauss, entre les deux écarts-types. Nous, les misophones, on est sur la courbe de Gauss comme tout le monde, mais au-delà de l'écart-type. Autrement dit, on ne supporte pas du tout des bruits et des environnements que beaucoup de gens normaux trouvent, eux aussi, un peu désagréables. Mais eux, ils le supportent, tandis que nous, on craque.

Par exemple, les open spaces. Si on était vraiment en démocratie, environ 70% voterait contre et il n'y en aurait plus. Même les gens normaux ne les aiment pas. Conclusion: les misophones qui comme moi ont dû quitter leur emploi à cause de l'open space sont dans les 70% qui votent contre. Ils sont plus proches des gens normaux que les 30% d'employés qui trouvent l'open space agréable et épanouissant.



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cecily



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MessageSujet: adaptation bilatérale   Lun 5 Aoû - 13:15

Il en résulte que la psychothérapie ne peut être qu'un travail d'adaptation BILATERAL entre la personne hors norme qui demande de l'aide, et son entourage social, familial, professionnel. Il faut, notamment, des emplois adaptés. Régulièrement, on vante dans les médias l'oeuvre d'associations et d'entreprises qui réussissent à intégrer des autistes dans le monde du travail. Et pourquoi pas des misophones alors? Ce serait quand même beaucoup plus facile que des autistes! Alors pourquoi ne le fait-on pas? Parce que nous nous taisons. Nous ne sommes même pas sensés exister. Nous nous cachons, dans la honte. Nous sommes trop polis alors nous participons à notre exclusion!

Le gros travail qui devrait incomber au misophone pendant la psychothérapie est de se connaître lui-même, d'anticiper ses réactions et ses intolérances et de les rendre prévisibles par lui-même et par autrui. Afin de pouvoir dire: "Cette activité en société, je peux m'y engager et je la ferai jusqu'au bout. Ca par contre, ça dépasse mes limites et je ne peux pas le faire. Ceci je peux le réussir mais en m'y prenant de telle manière."

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cecily



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MessageSujet: la meilleurs psychothérapie   Lun 5 Aoû - 14:09

Il m'est arrivé de pouvoir vivre au-dessus de mes moyens pendant quelques années. Durant ces années, je ne me suis pas sentie misophone. Je m'achetais mon confort, au lieu de devoir vivre dans les endroits où je souffre de misophonie. Durant ces années, j'ai appris à voler en avion. Pour la première fois, certaines qualités que j'ai développées en luttant contre la misophonie ont ont été aperçues et reconnues, car il est plus facile de surmonter la peur de voler que les états où nous plongent la misophonie. J'ai volé de mes propres ailes au lieu de m'épuiser en secret à lutter contre plus fort que moi. Au propre et au figuré, je me suis envolée au-dessus de tous les nids de coucous où on me fourrait dans des espaces communs en me traitant comme un petit être insignifiant. Du coup, au lieu d'être misophone, j'étais attirante, sympa, presque charismatique. J'étais ce que je voulais être.
Pas à cause d'une psychothérapie, mais à cause de l'argent. Au diable les psychothérapies!
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cecily



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MessageSujet: adaptation bilatérale   Lun 5 Aoû - 14:21

Bon, nuançons. S'il ne me manque que les moyens financiers d'être heureuse, c'est parce qu'auparavant, j'ai quand même fait une grosse psychothérapie et j'ai été aussi loin que je le pouvais dans mon adaptation unilatérale à la norme commune. Echec. Jusqu'à cet épisode de bonheur en avion, j'ai toujours vécu seule, et en plus, la plupart du temps au chômage, à cause de mon intolérance des open spaces. Une vie de pauvre fille! Il suffit pourtant d'un peu de sous, ou d'un peu d'adaptation de la société à moi, pour que le problème qui me reste, soit résolu. J'ai dit: adaptation bilatérale entre la personne et la société.
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cecily



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MessageSujet: Re: un peu psychologue sur les bords   Dim 27 Oct - 18:12

1) On n'est pas des malades, mais on est, pour la vie, un peu hors norme.
2) La norme sociale change, et il arrive qu'elle soit extrémiste à ertaines époques. Actuellement, on n'a pas assez de droit à l'intimité et au silence. Donc, un pourcentage plus élevé de gens vont se sentir misophones.
3) Plutôt que de psychothérapie, il vaudrait mieux envisager une adaptation bilatérale entre la personne misophone et son entourage. Un genre de négociation.

C'est d'une limpidité cristalline, et c'est l'expérience d'une vie, de 4 ans d'études, d'une psychothérapie. Pourquoi aucun psy ne vient-il jamais intervenir ici? Pourquoi personne ne me répond?

Mais votre silence ne va pas m'empêcher de vivre.
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rony reel



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MessageSujet: Bonne approche   Sam 28 Déc - 13:35

Salut... Je viens de m'enregistrer, c'est le premier message que je lis et j'espère sincèrement que les autres seront du même acabit!
Je pense, ou plutôt, maintenant je sais que je suis misophone. J'imagine que pour ma part en tous cas il y a toujours eu un besoin, dés le départ, de solitude et de calme, "aggravé" par cette hors-normité  Wink ...
En fait, c'est surtout pour te remercier pour ton message que je te réponds. Pour une entrée en matière, je m'estime chanceux d'être "tombé" dessus. J'espère que tu auras la bonne idée de revenir sur ce site et de rajouter à l'occasion l'un ou l'autre commentaire ou expérience de vie qui me semble plus qu'intéressant et, ce qui ne gâche rien, plutôt bien écrit.
Voilà... J'expliciterai plus spécialement mon cas par la suite si cela peut intéresser et surtout quand je me sentirai plus à l'aise avec la "mal à dire".
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dinasia



Messages : 1
Date d'inscription : 24/01/2014

MessageSujet: oui mais   Ven 24 Jan - 3:17

Bonjour Cécile j'ai trouvé vos posts très intéressants mais je ne suis pas d'accord sur une chose:
cecily a écrit:
3)  Plutôt que de psychothérapie, il vaudrait mieux envisager une adaptation bilatérale entre la personne misophone et son entourage.  Un genre de négociation..  
Je ne vois pas pourquoi les autres devraient s'adapter à notre problème; c'est à nous à essayer de vaincre notre problème car on ne peut pas demander aux gens d'arrêter de vivre, de manger, de respirer... et il est préférable pour tout le monde (les misophones ET leur entourage aussi) que nous arrivions à être plus forts que cette maladie, syndrome, je ne sais pas trop comment désigner cela
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Bambino



Messages : 4
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MessageSujet: Re: un peu psychologue sur les bords   Mer 5 Fév - 18:35

Je suis d'accord avec Dinasia, il existe un nombre énorme de "syndromes" différents autres que la misophonie dans le monde, il serait impossible d'adapter la population à tous ces syndromes. La misophonie ne peut donc pas bénéficier de ce "privilège".

En plus, je ne sais pas si c'est pareil pour vous mais je sais que ma sensibilité augmente lorsque la personne qui fait des bruits est au courant de mon problème et tente de faire moins de bruits. Ceci car quoi qu'elle fasse, cette personne continuera a faire certains bruits sans le savoir, et du coup je me dirai "c'est une blaque, tu es au courant de mon problème, tu sais que ça me fait du mal, et tu oses continuer à faire des bruits ouvertement devant moi ??". Ca me fait ça avec mes parents.

Par contre là ou je suis d'accord c'est qu'il faut mettre fin à cette idée de "supprimer toute barrière de vie privée", faudrait notamment mettre fin à ces foutus bureaux en open space
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