Je ne supporte pas les bruits anodins

Ce forum s'adresse aux gens touchés par un cas spécifique de troubles obcessionnels compulsifs. Le fait de se mettre en colère suite aux bruits de la vie quotidienne, provoqués par d'autres. Ceux qui en sont atteints comprendront qu'ils ont leur place sur
 
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 "Le malheur n'approche jamais dans le vacarme..."

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NoisyNoise



Messages : 1
Date d'inscription : 26/07/2012

MessageSujet: "Le malheur n'approche jamais dans le vacarme..."   Jeu 26 Juil - 2:53

Bonjour à toutes et à tous.

Je ne sais si le forum est encore fréquenté (sûrement qu'il le sera sporadiquement) mais je tenais à vous décrire mon expérience vis à vis de la misophonie.

Je ne sais pas vraiment à quel âge le phénomène est apparu, mais très certainement au début de l'adolescence. Dans mon cas, ce qui m'exaspérait, c'était les reniflements de mon père. Un calvaire. Il pouvait (et peut toujours d'ailleurs) renifler jusqu'à 10 fois la minute et sans raison, sans qu'il ne soit enrhumé ou autre. C'est une véritable torture que d'entendre ces bruits. S'ajoutait à cela le fait qu'il se mouchait très souvent (alors que jamais enrhumé... par habitude sans doute). J'avais beau lui demander d'arrêter, expliquant que les bruits m'énervaient, il n'en avait que faire.

Forcément, à chaque reniflement : sensation de colère ! Je ne savais pas bien sûr à l'époque ce qu'était la misophonie. Et bien souvent je me suis senti ridicule, je m'en voulais de me mettre en colère... "juste pour des reniflements" comme disaient les parents... Ce qu'ils ne savaient pas, malgré le fait que je leur dise, c'est que ce ne sont pas que de simples reniflements ! Mais des coups de marteau sur une enclume ! Devinez qui est l'enclume !

Et forcément, j'étais dans ma période d'adolescence... Je m'emportais facilement face aux bruits et j'avais toujours le droit aux "Laisse le faire sa crise" ... De nombreuses fois je me suis demandé si j'étais fou... Alors j'ai supporté... Nourrissant de jour en jour une haine violente envers mon père. Un jour, une très grosse dispute a éclaté. Alors, sous le prétexte de cette dernière, j'ai pris une décision radicale : ne plus parler à mon père ! (je ne savais toujours rien à propos de la misophonie). J'ai 20 ans actuellement, cela doit donc faire environ 4 ans que je ne lui parle plus. Mais nous habitions toujours ensemble. Je pensais peut etre qu'en l'évitant au maximum, la haine de ces bruits allait cesser. Bien évidemment que non !

Le temps a passé, et d'autres bruits ce sont ajoutés à la liste de ceux que je ne puis supporter : la mastication, les clics de stylos, les mains qui frottent sur le volant de la voiture et bien d'autres. J'ai donc cherché une explication sur internet... et je l'ai trouvée : Misophonie. A la lecture des symptômes, tout s'est éclairé... et je me suis senti beaucoup mieux. Libéré d'une pseudo-folie.

Mais malgré le fait que je connaissais désormais l'origine du trouble, je n'osais toujours pas en parler. La misophonie restait comme une sorte de honte, de ridicule. J'ai tenté une fois d'en parler à mère, en lui faisant lire des articles. Mais elle n'a pas compris que j'en souffrais réellement, oubliant dès le lendemain tout ce que je lui avais fait lire ! Un jour elle m'a demandé pourquoi je ne parlais plus à mon père. Et je lui ai dit la vérité. Elle s'est emporté "C'est pour ça? Juste pour ça? Parce qu'il renifle ?". J'ai compris que jamais elle ne pourrait comprendre. Sans être méchant, mes parents sont des gens banals, vivant au rythme d'un métro-boulot-dodo sans queue ni tête. Des gens qui ne se sont jamais posé de questions et qui vivent... pour vivre. Le psy c'est pour les fous, et Dieu est un grand bonhomme avec une barbe grise.

D'un côté je me dit que ce doit être vachement difficile pour mon père... mais j'ai nourri une telle haine pendant des années qu'il sera très difficile désormais d'arranger les choses. D'autant plus que je n'habite plus vraiment avec mes parents, vivant dans un studio loin d'eux.

Ce studio fut une libération ! un havre de paix, sans bruit...

Voilà en gros mon expérience. Aujourd'hui à 20 ans, je pense avoir apprivoiser le problème. La misophonie fait partie intégrante de ma vie, parfois c'est un animal qui dort, parfois c'est une hydre à cent têtes qui me dévore.


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