Je ne supporte pas les bruits anodins

Ce forum s'adresse aux gens touchés par un cas spécifique de troubles obcessionnels compulsifs. Le fait de se mettre en colère suite aux bruits de la vie quotidienne, provoqués par d'autres. Ceux qui en sont atteints comprendront qu'ils ont leur place sur
 
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 pas de traitement?

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cecily



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MessageSujet: pas de traitement?   Dim 29 Avr - 14:48

J'ai toujours refusé les médicaments tels que: ritalin ou rilatine, antidépresseurs, tranquillisants etc.

J'ai aussi refusé toutes les psychothérapies orientées sur mon symptome, telles que:thérapies comportementales, désensibilisation avec ou sans hypnose, techniques de relaxation et de contrôle de la pensée, traitements cathartiques où on essaie de revivre le traumatisme sensé être la cause de tout.

En 97-98, je travaillais en open space. L'enfer. Un médecin m'a dit que j'étais hypersensible aux bruits et que je devais m'engager dans une désensibilisation pour apprendre à rester dans ma bulle en présence des autres. J'ai refusé le traitement. J'ai dû quitter mon emploi et rompre définitivement avec mon début de carrière de cadre d'entreprise.

Une puissante intuition m'a commandé de refuser tout traitement axé uniquement sur moi et mon problème... (suite au prochain post)
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cecily



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MessageSujet: boulimie sociale   Dim 29 Avr - 15:05

Après des années de petits boulot, chômage, refuge dans la vie de couple, on arrive en 2011, j'entame une formation en artisanat, j'ai cours environ 15 heures par semaine et je fonce droit dans le mur: j'ai du mal à rester en classe.

Autour de moi, ça chewing-gumme, ça chantonne compulsivement chacune pour soi, et ça grignote de petits trucs croquants dans de petits papiers craquants à pas d'heure, en même temps que de travailler ou d'écouter le prof.

N'importe quand on "a le réflexe chewing-gum"; on peut sortir de ces snacks tels que: special K; M&M's, etc. Grrrr!!!! La vie entre deux repas est-elle insupportable, pour qu'on doive la combler de mâchouillages? Avec toute la pub qu'ils en font... Du coup, je ne supporte plus ce genre de pub le soir à la télé, puis je ne supporte plus les voix doctorales pleines de salive des présentateurs, et puis quoi encore? La misophonie, c'est du liseron, ou des métastases. Ca ne rigole pas du tout. C'est puissant! (encore un mot qui vient d'une pub.) a suivre...

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cecily



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MessageSujet: coming out   Dim 29 Avr - 15:34

Mais les cours d'artisanat sont aussi donnés dans une perspective paternaliste de réapprendre à vivre en société et de se réinsérer. Donc, on peut parler de ses problèmes.
Or, grâce à Internet et à ce forum, mon problème a un nom et je sais enfin ce que c'est.
Ce n'est pas une espèce d'autisme ou quelque chose de monstrueux, mais une névrose. Ca change tout: c'est moins grave.

Un jour où je suis presque en larmes, je suis prise à part par le prof, je lui dis ce que j'ai et comment ça s'appelle, en quoi ça consiste, et je plaide pour moi. Je lui dis qu'autrefois, il y avait des règles de comportement en classe, et que ces règles ont été supprimées, mais qu'en les supprimant, on rend la classe invivable et inaccessible à pas mal de personnes qui sont plus ou moins comme moi.
Pour que je puisse continuer à suivre les cours, j'aimerais bien qu'on ne chewing-gumme pas en classe, qu'on mange ensemble aux heures prévues, et qu'on évite si possible de chantonner pour soi, ce qui n'est pas la même chose que de pousser une chanson pour s'amuser ensemble.

Je suis invitée par le prof à expliquer tout cela devant la classe.
J'ai ainsi obligé toute la classe à surveiller son comportement.

Résultat?

Au cours suivant, j'ai entendu certaines qui se foutaient de moi derrière mon dos. J'ai fait comme si de rien n'était. L'important n'est pas d'être aimée, mais que mes exigences soient satisfaites.

Ensuite, j'ai commencé à me sentir de mieux en mieux, à participer aux conversations, à aimer causer... avant, j'étais silencieuse à cause de la colère refoulée.

Si les comportementsque je ne supporte pas sont durablement bannis du cours, je vais commencer à me réjouir d'y aller et à ressentir du plaisir comme tout le monde!
En plus, les repas pris ensemble et pas plic-ploc en travaillant, sont de bons moments qui améliorent l'ambiance, pas seulement pour moi mais pour tout le monde.
C'est comme si mon problème avait été ancré en moi pour m'obliger à imposer, au sein du groupe, un retour de chacun vers une certaine retenue personnelle et une certaine adaptation à l'autre, bref les anciennes bonnes manières qui rendent la vie en société plus agréable à tous.
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cecily



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MessageSujet: qui est normal?   Dim 29 Avr - 15:56

Un jour par semaine, je tiens une permanence bénévole dans un local où on sert aussi des boissons et de la nourriture. Je déteste cet amalgame mais jusqu'à présent, je supporterais tout pour ne pas démissonner.
Généralement, je suis seule pendant une heure et ensuite arrivent le barman et les ennuis.
La fois passée, un remplaçant du barman habituel est arrivé et il s'est mis à balayer en chantonnant quelque chose, pas vraiment chantonner, pas vraiment siffloter, et pas de notes mais: "chuu, chuu, chuu..."
J'ai grogné, grommelé, contre-chantonné...
Ambiance tendue...
Il a dit: "Tu veux bien que je mette la musique?"
Réponse attendue et obligatoire de ma part: "Oh oui, je t'en prie!"
La musique "en sourdine". Beurk. Manquait plus que ça...
Tiens, c'est "here comes the sun", des Beattles. C'est beau!
Tout à coup, le barman, qui aime aussi ce morceau, recommence plus ou moins en rythme: "chuu, chuu, chuu, chuu..."
Moi: "Je vais faire un tour!" Aussitôt dit, aussitôt dehors, avec le GSM. On n'aura qu'à m'appeler.

Une fois dehors dans le froid aigre, je songe: quelle différence d'avec le cours d'artisanat! Là je peux le dire; ici, dans la société "normale", je ne le peux pas.
Mais qui, de nous deux, est normal? Est-ce normal de chantonner sans notes, puis de plonger sur la radio, puis de chantonner sur la musique de la radio, alors que je suis là?
Ou parce que je suis là?
Qui est allergique à la présence de l'autre?

Dans la société, il n'y a pas d'arbitre au-dessus de la mêlée pour dire qui a raison, qui est normal et qui a le droit.

Il m'arrive souvent, comme à tous les misophones, d'être "dérangée" (quel euphémisme) par des comportements involontaires tels que: une respiration bruyante, un défaut de prononciation, une façon de manger qui serait correcte aux yeux de n'importe qui. Ou encore, des jeux d'enfants dans les jardins voisins (ah la trampoline!), des voitures qui passent.

Une partie des exigences misophoniques est exagérée. On se sent agressé, nié dans son existence, par l'existence même des autres. C'est ce qui coince tout le problème. Les gens normaux connaissent tous plus ou moins de misophones, et on passe simplement pour des emmerdeurs qui n'ont qu'à aller se faire soigner. A cause de la tendance des misophones à devenir de plus en plus sensibles et à exagérer de plus en plus, les gens normaux refusent catégoriquement, avec colère, de commencer à entrer dans leur jeu et de commencer à adapter leur comportement.

Pas de communication! Là est le problème. (à suivre...)

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cecily



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MessageSujet: Quand le symptome veut bien reculer   Dim 29 Avr - 16:47

Lorsque la misophonie apparaît pour la première fois, vers 8-11 ans, par là... comment un enfant peut-il dire, à table:
"Dis papa, dis maman, mange un peu proprement et pas comme un cochon!"
"Arrête de reniffler et de souffler comme une baleine!"
"On ne fait pas des chlurps en buvant, même si c'est trop chaud!"
C'est le monde à l'envers!
Chaque fois que la misophonie apparaît durant l'enfance, c'est une situation où il est impossible de demander à l'autre d'adapter son comportement, ou bien, si l'enfant le fait quand même, il se fait engueuler et la communication s'arrête là.

La misophonie apparaît où la communication s'arrête.

Le noeud ne peut être défait que comme il s'est fait. De l'enfance à l'âge adulte, si les situations de misophonie se répètent voire se répandent, la seule solution est bien dans la communication, où je peux dire à l'autre qu'il me dérange, et où l'autre devient responsable d'éviter les comportements qui dérangent, sans pour autant développer de complexes sur ce qu'il lui est impossible de changer: "Il faut bien que mes enfants jouent, que je tonde le gazon... que je mange!"
Le misophone ne doit pas subir les comportements volontaires et évitables des autres; moyennant quoi, il doit aussi garder pour lui certaines choses impossibles à changer et mettre certains énervements sur le compte de l'inévitable.

Le misophone a besoin d'avoir un pouvoir sur les autres.

Apparemment, si le pouvoir lui est reconnu d'émettre des exigences au sujet des comportements évitables et légèrement inciviques, il peut rester en présence des autres et revivre en société, car il aurait assez de plaisir en groupe pour redevenir moins sensible aux tics et bruits inévitables.

Le fait de redevenir moins sensible n'est pas une utopie. Mais cela n'arrive pas par l'effet de la volonté. La misophonie recule comme elle envahit: involontairement. Comme dans toute névrose, le ça s'exprime sans passer par le moi, et le moi n'est qu'un observateur du "je". "Je est un autre!" C'est lacanien mais cela se passe vraiment ainsi, comme quand on a le hoquet et que soudain, on s'aperçoit qu'il s'est arrêté depuis un certain temps. Alors, on a peur que le fait de s'en apercevoir ne le fasse recommencer.

Fini pour aujourd'hui!
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