Je ne supporte pas les bruits anodins

Ce forum s'adresse aux gens touchés par un cas spécifique de troubles obcessionnels compulsifs. Le fait de se mettre en colère suite aux bruits de la vie quotidienne, provoqués par d'autres. Ceux qui en sont atteints comprendront qu'ils ont leur place sur
 
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 Ma petite histoire...

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sylvdem



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MessageSujet: Ma petite histoire...   Jeu 22 Avr - 14:39

Bonjour,

Je souffre également de 4S et j’avais envie d’apporter mon témoignage ; une voix de plus ne fera pas de mal, il y a vraiment nécessité d’en parler et de faire connaître ce problème. J’ai commencé à faire des recherches sur internet il y a quelques mois déjà, et j’étais tombé sur le blog de Mintaka. J’avais fait ces recherches parce que je commençais à me dire : « y a un truc pas normal chez toi ». C’est vraiment rassurant de savoir qu’on est pas seul. Sur ce forum, je sais que je serai compris. Il y a un moment que je voulais parler de mon vécu de la chose, c’est l’occasion.

Premières gènes...

J’ai 29 ans aujourd’hui et aussi loin que remontent mes souvenirs, mes premières gènes ont débuté avec ma grand-mère paternelle, à l’âge de 10 ans, peut-être un peu moins, au moment des repas et en particulier au moment de la soupe. Il y a des gens qui boivent, et il y a ceux qui aspirent ; ceux qui versent le contenu de la cuillère dans leur bouche et avalent et ceux qui prennent bruyamment leur respiration avec d’aspirer tout aussi bruyamment le contenu de la cuillère. Et ils font pareil avec la cuillère de sirop, ou leur tasse de café. Tout un supplice le café, j’y reviendrais. Avec ma grand-mère ça me gênait, ça m’énervait mais ce n’était qu’une fois par semaine alors je m’y accommodais. C’est avec mon père, plus tard que ça à pris de l’ampleur.

J’en profite pour dire que cela me gène de parler de mes proches, de gens que j’aime, de cette manière. J’ai l’impression de dire du mal d’eux et de les diaboliser. C’est tout un paradoxe : on les aime mais ils nous tapent sur les nerfs, et comme ils nous tapent sur les nerfs, on dit des horreurs sur eux. Je crois que c’est vraiment important que les gens comprennent dans quel état d’énervement cela peut nous mettre, et que cela fait mal de devoir, pour notre bien, pour le bien de nos pauvres nerfs, mettre de la distance entre nous et nos proches. Ou devrais-je dire, certains de leurs bruits.

Adolescence

Donc, cela a empiré avec mon père au moment de l’adolescence. Avant j’en rigolais encore avec les potes « il m’énerve avec le bruit qu’il fait en mangeant » et je l’imitais : aaaaaa (respiration) schlouuuuppp, aaaa schlouppp, aaaa schlouppp. Et plus le bol de soupe se vide, et plus le mouvement s’accélère. Jusqu’au jour où cela ne fait plus rire du tout, et chaque repas, chaque moment en famille, devient un supplice.

Je suis donc à table avec ma mère sur ma droite (que je soupçonne fortement d’avoir le même souci mais moindre) et mon père à gauche. Au début, j’avais comme des contractions dans le bras gauche à chaque son désagréable, et donc des mouvements de la main. Mais attention, pas des contractions involontaires, c’est moi qui les faisais. Un signe d’énervement qui m'est resté, et que j’aurai très bien pu contrôler, ça s’exprimait comme ça. Petit à petit ma main gauche en est venue à se placer sur mon front pour m’enlever la vision de mon père en train de manger. Le son énerve, mais la vision accentue l’énervement. Et pourtant oui, j’avais comme une envie irrésistible de regarder, tout en sachant pertinemment que cela m’énerverait encore plus. Je finissais donc les repas avec ma main gauche sur le front, crispée et muscles tendus à mort. Et le pouce dans l'oreille gauche. Et envie de hurler « mais tu vas arrêter ton raffut bordel de m…. !!!!) et de lui jeter mon verre d’eau dans la figure (carrément le verre, pas le contenu); chose que je n’aurais jamais fait, bien entendu, mais l’envie était là et me faisait honte.

Je finissais le repas que j’essayais d’expédier le plus vite possible pour monter dans ma chambre et essayer de me calmer. Musique a fond (ne remettre dans mes oreilles que des vrais jolies sons ! mais le plus souvent guitare électrique à fond…), coups de poings dans le matelas (personne n’entend), coups dans le mur (la douleur permet de penser à autre chose…), j’ai même cassé des objets auquel je tenais. Avec la même excuse « j’ai fait tombé un truc ». C’est comme vouloir focaliser son attention ailleurs.

Au sujet du fait de se faire mal pour se calmer, c’est aller plus loin une seule fois après un repas de famille (vous savez, ceux qui durent trois plombes) Là, y avait le père et le beau-frère (mastication avec claquement de langue systématique). J’ai pris un couteau (pas très coupant) et je me suis égratigné le bras dans un bref moment de rage (pas les veines einh, le dessus du bras) Au final, ça faisait plus des grosses égratignures style griffures de chat bien énervé , ce n’était pas profond, mais il y a en avait en quantité. Et j’ai bien morflé en désinfectant, mais je n’en ai gardé aucune marque.

Je n’ai pas eu d’autres « passages à l’acte ». J’étais énervé au point d’avoir envie de faire ou dire des choses qui ne me ressemblaient pas, mais je ne les aurai jamais faites en réalité. Je n’aurai jamais calmé mes nerfs sur un proche, c’est peut-être pour ça que je le faisais sur moi. Si mon père se mettait à manger (et parler la bouche pleine of course) en voiture et que je tenais le volant, j’avais limite envie d’envoyer la voiture contre un arbre ! Voyez dans quel état d’énervement ça met, et imaginez toute cette colère contenue. Un état d’énervement extrême sans jamais péter les plombs, mais pas loin.

Quitter la maison

J’ai quitté la maison pour mes études en psychologie (orientée science du comportement mais je ne suis pas allé au bout) et ça m’a fait beaucoup de bien. Jamais ça n’a repris de telles proportions. Il faut s’imaginer qu’on se lève le matin en sachant qu’on va se payer nos trois crises de nerfs quotidiennes. A long terme, c’est véritablement épuisant. Je faisais ce que je pouvais pour éviter de prendre le petit déj’ en même temps que lui (insupportable le combo café + tartines) ou le prendre dans une autre pièce. Mais le midi et le soir c’était inévitable. Le supplice du midi c’était la pomme, le supplice du soir, la soupe. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà trouvé à côté d’une personne asthmatique en train de manger. Mon père, c’était à peu près ça. Le café aspiré avec le aaah de satisfaction à la fin, la pomme mastiquée la bouche ouverte (c’était ça le gros souci : ne pas savoir mastiquer la bouche fermée), et la soupe : claquement de la cuillère + schlouuuupp. Il ne le faisait pas exprès, je le savais bien (ancien gros fumeur, ça n’a pas été sans répercussions), ça énervait ma mère aussi qui voyait bien que j’avais les nerfs en boule, mais je ne pouvais pas supporter ses bruits, c’était plus fort que moi.

Donc, je quitte la maison, je vis seul dans un coin très calme, tout va bien. Je reviens tous les week-ends, je supporte très bien le premier repas, mais le second c’est déjà plus dur. Une fois par semaine, c’est déjà plus tolérable que trois fois pas jour, alors je m’y fais. Je me souviens m’être dit : « rien que pour ne plus l’entendre mastiquer je suis bien content de retourner dans mon studio ». Avec mes parents, ça en est resté là, aujourd’hui j’y reviens de temps en temps et je supporte même les repas plusieurs jours sans ressentir d’énervement. Mais une semaine, je ne pourrais pas.

Tapage

Je me suis marié, et j’ai emménagé dans un appart’ avec voisins un peu bruyant à côté et carrément irrespectueux au-dessus. Une ancienne maison réaménagée en plusieurs appartements, autant dire que ce n’est pas insonorisé du tout. Là ce n’était plus des sons « soft ». Rap et R’n’B à fond à toute heure, potes qui débarquent à toute heure. Coups de sonnette à 2h du matin, ça gueule dans le couloir en pleine nuit, et ça ne referme jamais la porte d’entrée. Très agréable quand on habite au rez-de-chaussée. L’impression d’avoir un troupeau de bœufs au-dessus de sa tête, et ça bavasse…des conversations très profondes, vous l’imaginez, alcool aidant. On les prévient, je vais frapper à la porte en pleine nuit et passablement sur les nerfs…le mec s’en rendait pas compte (hum…) ça se calme un peu quelques jours et ça repart de plus belle. Youhou. Jusqu’au jour où je veux déménager et on apprend ô joie qu’ils vont partir! Les dernières semaines ont été beaucoup plus supportables, du coup. Et la nouvelle voisine respectueuse, une personne normale, ouf. Le pire c’est qu’on m’a sorti que le problème ce n’était pas le bruit de mes voisins, mais que je ne sois pas assez tolérant avec eux.

Vous me direz le tapage diurne et nocturne, ça n’a rien à voir avec le 4S. Mais on ne se rend pas compte à quel point le manque de sommeil peut vraiment bousiller la santé. Ne pas pouvoir faire de vraie nuit et être sur les nerfs la journée, y a de quoi devenir vraiment dingue. Le plus dur étant de ne plus se sentir chez soi. On veut rentrer chez soi, être au calme, se reposer…et au lieu de ça on stresse continuellement. Suite à ça, j’ai développé une sorte d’aversion pour le rap et r’n’b, alors que cette musique ne me dérangeait pas avant. Pour le peu que j’en entende, je sens que je commence à avoir les nerfs en boule. C’est aussi suite à ça que je ne peux plus dormir sans boules quiès. Et je ne pouvais bien sûr pas m’empêcher de tendre l’oreille à travers mes boules quiès malgré tout pour m’assurer qu’il n’ avait pas de vacarme.

Comment je me l'explique...

Parfois, je me demande si cette sensibilité aux sons n’est pas dûe à une oreille qui ne peut pas s’empêcher d’écouter, là où la plupart des gens ne font qu’entendre. Je suis musicien à mes heures, j’aime écouter en profondeur, je cherche à distinguer la mélodie de l’accompagnement, tel instrument…Je ne peux pas supporter que le moindre son puisse interférer avec une musique. La musique n’est constituée que de sons purs. Je crois que rien ne pourrait m’énerver plus que de mettre en plein opéra un micro devant la bouche de quelqu’un en train de manger. C’est comme si le pur et l’impur se mêlaient : insupportable, intolérable et même inhumain à mes oreilles. D’une manière générale, je ne supporte pas qu’il y ait deux sources sonores en même temps : une chanson à la télé, une autre qui sort de l’ordi, deux personnes qui me parlent en même temps, je ne peux plus suivre. Plusieurs conversations en même temps à table vont me résonner dans le crâne, il faut que je sorte de table, quitte à paraître bien impoli.

Et je ne peux pas m’empêcher de focaliser mon attention sur le son détesté, le son qui énerve. Je n’entends que lui, je n’entends plus le reste, je ne parviens plus à me concentrer. Même lors d’une conversation intéressante, d’une activité importante, le son survient et je ne suis plus dedans, je ne peux plus penser, réfléchir. A cause de ces sons, je ne m’entends plus penser, je suis interrompu dans le fil des mes réflexions.

Exemples...

Un rendez-vous important dans le bureau de mon directeur de mémoire, il sort un sandwich, n’ayant pas eu le temps d’avaler quelque chose de la journée. Et parle la bouche pleine. Je commence à piétiner sur place, essayer de prendre sur moi, je me retiens de quitter la pièce, et en sortant enfin de là, j’ai envie de m’adosser contre un mur et de pousser un soupir de soulagement. Au fait, de quoi il nous a parlé ? Aucune idée. J’ai eu ce même souci au cinéma, quelqu’un derrière que j’entendais manger du pop-corn, j’ai dû changer de place, cela m’aurait gâché la projection, je n’arrivais pas à m’immerger dans le film.

En ce moment, par exemple, je suis en train d’écrire. Mais si ma compagne commence à touiller son café pendant de trop longues secondes, mon attention va partir sur ce bruit, je vais commencer à m’énerver. Idem avec un clic de souris. Idem avec les touches du clavier. Idem avec les pots de yaourts en verre quand on arrive à la fin. Idem avec le paquet de chips, le paquet de céréales, ou tout sac en plastique que l’on triture ou met en boule (d’ailleurs cela va m’énerver même si c’est moi qui le touche !). Ou semelles de bottes qui claquent dans la rue ou contre le plancher.

Dernièrement, je faisais un travail de correcteur qui demandais pas mal de concentration, et de rigueur. Nous étions un peu moins d’une dizaine dans la pièce, ambiance studieuse. Quelqu’un qui tousse, ça ne me dérange pas. Il ne le fait pas exprès. Quelqu’un qui sort sa bouteille de coca et commence à boire, chaque gorgée va me déconcentrer un peu plus. Si quelqu’un commence à sortir des biscuits de papier alu, là je perds définitivement ma concentration. Mais ces bruits ne durent pas longtemps. Le plus insupportable a été pour moi un type, assis à côté de moi, qui respirait bruyamment et qui a eu la bonne idée de sortir du chewing-gum.

Aujourd'hui

C’est un point qui me semble important vis à vis du 4S : je tolère mieux ce genre de bruit s’il viennent de gens qui ne le font pas exprès. Un enfant qui fait du bruit en mastiquant, ça ne me dérange pas trop, ça ne m’énerve pas. Mais le parent à côté qui le fait, je suis tout de suite à cran. Parce que c’est un adulte, et qu’il se montre irrespectueux. C’est comme une attaque, comme s’il le faisait exprès. Parce qu’il pourrait très bien ne pas faire de bruit s‘il en faisait l’effort. Quelqu’un de bien enrhumé, je tolère également les reniflements jusqu’à un certain point. Je comprends. Mais il ne faut pas venir me renifler dans les oreilles pour autant!

J’ai remarqué aussi que je suis plus irritable si je suis stressé. Et plus irritable le soir, que je considère comme synonyme de calme. Des bruits de vaisselle à 22h passée, ça va m’irriter. Et plus irritable si j’essaye de me concentrer sur quelque chose. Mais c’est presque comme si j’étais 24h/24 en train d’essayer de me concentrer. Si je devais résumer tout cela en une phrase ce serait : rien ne m’est plus insupportable que de ne pas pouvoir m’entendre penser.

Voilà, merci d'avoir lu, au plaisir d'échanger!
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serena123



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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Jeu 3 Juin - 12:30

sylvdem a écrit:
Bonjour,

Je souffre également de 4S et j’avais envie d’apporter mon témoignage ; une voix de plus ne fera pas de mal, il y a vraiment nécessité d’en parler et de faire connaître ce problème. J’ai commencé à faire des recherches sur internet il y a quelques mois déjà, et j’étais tombé sur le blog de Mintaka. J’avais fait ces recherches parce que je commençais à me dire : « y a un truc pas normal chez toi ». C’est vraiment rassurant de savoir qu’on est pas seul. Sur ce forum, je sais que je serai compris. Il y a un moment que je voulais parler de mon vécu de la chose, c’est l’occasion.

Coucou sylvdem, bienvenue sur ce forum trop peu fréquenté...! si seulement ce pb était mieux connu, avec de vrais spécialistes pour nous aider !

Premières gènes...

J’ai 29 ans aujourd’hui et aussi loin que remontent mes souvenirs, mes premières gènes ont débuté avec ma grand-mère paternelle, à l’âge de 10 ans, peut-être un peu moins, au moment des repas et en particulier au moment de la soupe. Il y a des gens qui boivent, et il y a ceux qui aspirent ; ceux qui versent le contenu de la cuillère dans leur bouche et avalent et ceux qui prennent bruyamment leur respiration avec d’aspirer tout aussi bruyamment le contenu de la cuillère. Et ils font pareil avec la cuillère de sirop, ou leur tasse de café. Tout un supplice le café, j’y reviendrais. Avec ma grand-mère ça me gênait, ça m’énervait mais ce n’était qu’une fois par semaine alors je m’y accommodais. C’est avec mon père, plus tard que ça à pris de l’ampleur.

J’en profite pour dire que cela me gène de parler de mes proches, de gens que j’aime, de cette manière. J’ai l’impression de dire du mal d’eux et de les diaboliser. C’est tout un paradoxe : on les aime mais ils nous tapent sur les nerfs, et comme ils nous tapent sur les nerfs, on dit des horreurs sur eux. Je crois que c’est vraiment important que les gens comprennent dans quel état d’énervement cela peut nous mettre, et que cela fait mal de devoir, pour notre bien, pour le bien de nos pauvres nerfs, mettre de la distance entre nous et nos proches. Ou devrais-je dire, certains de leurs bruits.


Tu as trop raison... j'essaie de l'expliquer à mon copain qui doit supporter ça au quotidien. Je lui sort souvent l'exemple du bruit de la craie qui crisse sur le tableau, ça personne ne le supporte, ça parait normal que ce bruit soit désagréable.... Ben nous c'est la même chose mais pour d'autres bruits ! L'effet insupportable que ça produit sur les nerfs reste le même, et empire même avec la répétition de ce bruit !!!

Adolescence

Donc, cela a empiré avec mon père au moment de l’adolescence. Avant j’en rigolais encore avec les potes « il m’énerve avec le bruit qu’il fait en mangeant » et je l’imitais : aaaaaa (respiration) schlouuuuppp, aaaa schlouppp, aaaa schlouppp. Et plus le bol de soupe se vide, et plus le mouvement s’accélère. Jusqu’au jour où cela ne fait plus rire du tout, et chaque repas, chaque moment en famille, devient un supplice.

Je suis donc à table avec ma mère sur ma droite (que je soupçonne fortement d’avoir le même souci mais moindre) et mon père à gauche. Au début, j’avais comme des contractions dans le bras gauche à chaque son désagréable, et donc des mouvements de la main. Mais attention, pas des contractions involontaires, c’est moi qui les faisais. Un signe d’énervement qui m'est resté, et que j’aurai très bien pu contrôler, ça s’exprimait comme ça. Petit à petit ma main gauche en est venue à se placer sur mon front pour m’enlever la vision de mon père en train de manger. Le son énerve, mais la vision accentue l’énervement. Et pourtant oui, j’avais comme une envie irrésistible de regarder, tout en sachant pertinemment que cela m’énerverait encore plus. Je finissais donc les repas avec ma main gauche sur le front, crispée et muscles tendus à mort. Et le pouce dans l'oreille gauche. Et envie de hurler « mais tu vas arrêter ton raffut bordel de m…. !!!!) et de lui jeter mon verre d’eau dans la figure (carrément le verre, pas le contenu); chose que je n’aurais jamais fait, bien entendu, mais l’envie était là et me faisait honte.

Je finissais le repas que j’essayais d’expédier le plus vite possible pour monter dans ma chambre et essayer de me calmer. Musique a fond (ne remettre dans mes oreilles que des vrais jolies sons ! mais le plus souvent guitare électrique à fond…), coups de poings dans le matelas (personne n’entend), coups dans le mur (la douleur permet de penser à autre chose…), j’ai même cassé des objets auquel je tenais. Avec la même excuse « j’ai fait tombé un truc ». C’est comme vouloir focaliser son attention ailleurs.

Au sujet du fait de se faire mal pour se calmer, c’est aller plus loin une seule fois après un repas de famille (vous savez, ceux qui durent trois plombes) Là, y avait le père et le beau-frère (mastication avec claquement de langue systématique). J’ai pris un couteau (pas très coupant) et je me suis égratigné le bras dans un bref moment de rage (pas les veines einh, le dessus du bras) Au final, ça faisait plus des grosses égratignures style griffures de chat bien énervé , ce n’était pas profond, mais il y a en avait en quantité. Et j’ai bien morflé en désinfectant, mais je n’en ai gardé aucune marque.

Je n’ai pas eu d’autres « passages à l’acte ». J’étais énervé au point d’avoir envie de faire ou dire des choses qui ne me ressemblaient pas, mais je ne les aurai jamais faites en réalité. Je n’aurai jamais calmé mes nerfs sur un proche, c’est peut-être pour ça que je le faisais sur moi. Si mon père se mettait à manger (et parler la bouche pleine of course) en voiture et que je tenais le volant, j’avais limite envie d’envoyer la voiture contre un arbre ! Voyez dans quel état d’énervement ça met, et imaginez toute cette colère contenue. Un état d’énervement extrême sans jamais péter les plombs, mais pas loin.

Quitter la maison

J’ai quitté la maison pour mes études en psychologie (orientée science du comportement mais je ne suis pas allé au bout) et ça m’a fait beaucoup de bien. Jamais ça n’a repris de telles proportions. Il faut s’imaginer qu’on se lève le matin en sachant qu’on va se payer nos trois crises de nerfs quotidiennes. A long terme, c’est véritablement épuisant. Je faisais ce que je pouvais pour éviter de prendre le petit déj’ en même temps que lui (insupportable le combo café + tartines) ou le prendre dans une autre pièce. Mais le midi et le soir c’était inévitable. Le supplice du midi c’était la pomme, le supplice du soir, la soupe. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà trouvé à côté d’une personne asthmatique en train de manger. Mon père, c’était à peu près ça. Le café aspiré avec le aaah de satisfaction à la fin, la pomme mastiquée la bouche ouverte (c’était ça le gros souci : ne pas savoir mastiquer la bouche fermée), et la soupe : claquement de la cuillère + schlouuuupp. Il ne le faisait pas exprès, je le savais bien (ancien gros fumeur, ça n’a pas été sans répercussions), ça énervait ma mère aussi qui voyait bien que j’avais les nerfs en boule, mais je ne pouvais pas supporter ses bruits, c’était plus fort que moi.

Donc, je quitte la maison, je vis seul dans un coin très calme, tout va bien. Je reviens tous les week-ends, je supporte très bien le premier repas, mais le second c’est déjà plus dur. Une fois par semaine, c’est déjà plus tolérable que trois fois pas jour, alors je m’y fais. Je me souviens m’être dit : « rien que pour ne plus l’entendre mastiquer je suis bien content de retourner dans mon studio ». Avec mes parents, ça en est resté là, aujourd’hui j’y reviens de temps en temps et je supporte même les repas plusieurs jours sans ressentir d’énervement. Mais une semaine, je ne pourrais pas.


Moi aussi, quel bonheur de quitter la maison affraid


Tapage

Je me suis marié, et j’ai emménagé dans un appart’ avec voisins un peu bruyant à côté et carrément irrespectueux au-dessus. Une ancienne maison réaménagée en plusieurs appartements, autant dire que ce n’est pas insonorisé du tout. Là ce n’était plus des sons « soft ». Rap et R’n’B à fond à toute heure, potes qui débarquent à toute heure. Coups de sonnette à 2h du matin, ça gueule dans le couloir en pleine nuit, et ça ne referme jamais la porte d’entrée. Très agréable quand on habite au rez-de-chaussée. L’impression d’avoir un troupeau de bœufs au-dessus de sa tête, et ça bavasse…des conversations très profondes, vous l’imaginez, alcool aidant. On les prévient, je vais frapper à la porte en pleine nuit et passablement sur les nerfs…le mec s’en rendait pas compte (hum…) ça se calme un peu quelques jours et ça repart de plus belle. Youhou. Jusqu’au jour où je veux déménager et on apprend ô joie qu’ils vont partir! Les dernières semaines ont été beaucoup plus supportables, du coup. Et la nouvelle voisine respectueuse, une personne normale, ouf. Le pire c’est qu’on m’a sorti que le problème ce n’était pas le bruit de mes voisins, mais que je ne sois pas assez tolérant avec eux.

De nouveau un point commun... j'ai pété plusieurs fois les câbles à cause de voisins du dessus sans-gêne, bruits de talons à longueur de journée, chaises qui râclent au milieu de la nuit car ils font des fiestas... on devient cinglé avec le manque de sommeil qui s'installe, et la phobie, chaque soir, que ça recommence, aux aguets du moindre bruit...une vraie psychose. Du coup maintenant mes apparts c'est dernier étage sinon RIEN !

Vous me direz le tapage diurne et nocturne, ça n’a rien à voir avec le 4S. Mais on ne se rend pas compte à quel point le manque de sommeil peut vraiment bousiller la santé. Ne pas pouvoir faire de vraie nuit et être sur les nerfs la journée, y a de quoi devenir vraiment dingue. Le plus dur étant de ne plus se sentir chez soi. On veut rentrer chez soi, être au calme, se reposer…et au lieu de ça on stresse continuellement. Suite à ça, j’ai développé une sorte d’aversion pour le rap et r’n’b, alors que cette musique ne me dérangeait pas avant. Pour le peu que j’en entende, je sens que je commence à avoir les nerfs en boule. C’est aussi suite à ça que je ne peux plus dormir sans boules quiès. Et je ne pouvais bien sûr pas m’empêcher de tendre l’oreille à travers mes boules quiès malgré tout pour m’assurer qu’il n’ avait pas de vacarme.

Comment je me l'explique...

Parfois, je me demande si cette sensibilité aux sons n’est pas dûe à une oreille qui ne peut pas s’empêcher d’écouter, là où la plupart des gens ne font qu’entendre. Je suis musicien à mes heures, j’aime écouter en profondeur, je cherche à distinguer la mélodie de l’accompagnement, tel instrument…Je ne peux pas supporter que le moindre son puisse interférer avec une musique. La musique n’est constituée que de sons purs. Je crois que rien ne pourrait m’énerver plus que de mettre en plein opéra un micro devant la bouche de quelqu’un en train de manger. C’est comme si le pur et l’impur se mêlaient : insupportable, intolérable et même inhumain à mes oreilles. D’une manière générale, je ne supporte pas qu’il y ait deux sources sonores en même temps : une chanson à la télé, une autre qui sort de l’ordi, deux personnes qui me parlent en même temps, je ne peux plus suivre. Plusieurs conversations en même temps à table vont me résonner dans le crâne, il faut que je sorte de table, quitte à paraître bien impoli.

Je suis musicienne aussi. et j'aime tellement le calme !

Et je ne peux pas m’empêcher de focaliser mon attention sur le son détesté, le son qui énerve. Je n’entends que lui, je n’entends plus le reste, je ne parviens plus à me concentrer. Même lors d’une conversation intéressante, d’une activité importante, le son survient et je ne suis plus dedans, je ne peux plus penser, réfléchir. A cause de ces sons, je ne m’entends plus penser, je suis interrompu dans le fil des mes réflexions.

Idem aussi. J'en viens même parfois à l'appréhender avant qu'il n'arrive et j'ai déjà le stress qui monte...

Exemples...

Un rendez-vous important dans le bureau de mon directeur de mémoire, il sort un sandwich, n’ayant pas eu le temps d’avaler quelque chose de la journée. Et parle la bouche pleine. Je commence à piétiner sur place, essayer de prendre sur moi, je me retiens de quitter la pièce, et en sortant enfin de là, j’ai envie de m’adosser contre un mur et de pousser un soupir de soulagement. Au fait, de quoi il nous a parlé ? Aucune idée. J’ai eu ce même souci au cinéma, quelqu’un derrière que j’entendais manger du pop-corn, j’ai dû changer de place, cela m’aurait gâché la projection, je n’arrivais pas à m’immerger dans le film.

En ce moment, par exemple, je suis en train d’écrire. Mais si ma compagne commence à touiller son café pendant de trop longues secondes, mon attention va partir sur ce bruit, je vais commencer à m’énerver. Idem avec un clic de souris. Idem avec les touches du clavier. Idem avec les pots de yaourts en verre quand on arrive à la fin. Idem avec le paquet de chips, le paquet de céréales, ou tout sac en plastique que l’on triture ou met en boule (d’ailleurs cela va m’énerver même si c’est moi qui le touche !). Ou semelles de bottes qui claquent dans la rue ou contre le plancher.

Dis donc ça fait beaucoup de bruits du quotidien tout ça... quel supplice ça doit être. Et tu en as parlé à ton épouse ? Qu'en pense-t-elle ? Elle fait des efforts ou elle ne te comprend pas ?

Dernièrement, je faisais un travail de correcteur qui demandais pas mal de concentration, et de rigueur. Nous étions un peu moins d’une dizaine dans la pièce, ambiance studieuse. Quelqu’un qui tousse, ça ne me dérange pas. Il ne le fait pas exprès. Quelqu’un qui sort sa bouteille de coca et commence à boire, chaque gorgée va me déconcentrer un peu plus. Si quelqu’un commence à sortir des biscuits de papier alu, là je perds définitivement ma concentration. Mais ces bruits ne durent pas longtemps. Le plus insupportable a été pour moi un type, assis à côté de moi, qui respirait bruyamment et qui a eu la bonne idée de sortir du chewing-gum.

Aujourd'hui

C’est un point qui me semble important vis à vis du 4S : je tolère mieux ce genre de bruit s’il viennent de gens qui ne le font pas exprès. Un enfant qui fait du bruit en mastiquant, ça ne me dérange pas trop, ça ne m’énerve pas. Mais le parent à côté qui le fait, je suis tout de suite à cran. Parce que c’est un adulte, et qu’il se montre irrespectueux. C’est comme une attaque, comme s’il le faisait exprès. Parce qu’il pourrait très bien ne pas faire de bruit s‘il en faisait l’effort. Quelqu’un de bien enrhumé, je tolère également les reniflements jusqu’à un certain point. Je comprends. Mais il ne faut pas venir me renifler dans les oreilles pour autant!

J’ai remarqué aussi que je suis plus irritable si je suis stressé. Et plus irritable le soir, que je considère comme synonyme de calme.

J'ai l'impression de me lire !!! Tout pareil ! Le soir devant la télé, si mon copain commence avec ses bruits de nez, c'est l'enfer ! Impossible de me détendre.

Des bruits de vaisselle à 22h passée, ça va m’irriter. Et plus irritable si j’essaye de me concentrer sur quelque chose. Mais c’est presque comme si j’étais 24h/24 en train d’essayer de me concentrer. Si je devais résumer tout cela en une phrase ce serait : rien ne m’est plus insupportable que de ne pas pouvoir m’entendre penser.

Voilà, merci d'avoir lu, au plaisir d'échanger!

Merci pour ton long témoignage.
Encore une chose que je remarque : nous les gens qui souffront de ce problème sommes très forts en orthographe et en rédaction je trouve ! Il y a rarement des fautes, on s'exprime bien... (je ne dis pas ça pour nous envoyer des fleurs... Evil or Very Mad mais parce que dans notre comportement il y a sûrement un rapport avec la perfection, les choses bien faites, le calme, la maîtrise...
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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Jeu 27 Jan - 13:40

Un moment que je n'étais pas venu ici, c'est vrai que le forum étant si peu fréquenté, l'envie de s'y investir est pas forcément là, malheureusement. Et puis ce n'est pas facile d'en parler, par moment j'ai envie de faire abstraction de ce problème, d'essayer de ne plus y penser, même si ça revient forcément.

Ma situation a pas mal changé depuis le dernier post, 2010 a été une année difficile pour moi (divorce notamment...) Bref, j'ai l'impression qu'au fond j'ai toujours été un solitaire dans l'âme et là je retrouve cette solitude que je sais apprécier mais qui se fait pesante parfois. Ces derniers mois, j'étais pas mal chez mes parents du coup, étrangement j'ai l'impression de vivre mieux avec le 4S, j'arrive à "faire avec" Je me concentre sur la discussion, sur autre chose. Le truc c'est éviter que le repas se fasse dans le silence. Malgré tout on évite pas le "parler la bouche pleine" (juste une question de politesse défois, c'est agaçant). J'essaye d'être un peu plus zen, prendre sur moi, prendre l'air ensuite en allant marcher une heure en cogitant tranquille, enfin bref. Et rechercher le calme, j'ai un vrai besoin de calme, souffler, respirer.

Je regardais un peu les autres témoignages, je trouve que pas mal de point se recoupent, faudrait analyser tout ça!
- Musique
- Solitude
- Timidité
- Sensibilité
- Se sentir anormal, différent
- Même préoccupations que la plupart des gens?
- Plus à l'aise à l'écrit qu'à l'oral?
- relations aux parents, aux proches
- Calme, nature, animaux
- Et les gros bruits?
- Perfectionnisme, maîtrise, contrôle
- Un peu maniaque
- Anxiété, stress facilement
- Cerveau en ébullition, toujours en train de réfléchir?
- Concentration vite distraite

Ayant fait un peu d'analyse expérimentale du comportement à la fac, l'idée que je me suis fait du 4S, c'est bien une espèce de TOC qui s'installerait pendant l'adolescence, peut être lié à un conflit, une incompréhension avec nos parents qui se matérialise comme ça.

Une espèce de conditionnement qui s'est installé à ce moment là. Genre, nos parents nous énervaient car ils ne nous comprenait pas et on a tout reporté sur leur bruits de bouche. Pour être clair, là où la plupart des gens ne sont pas gênés du tout ou sont simplement agacés par des bruits de bouche, on aurait inconsciemment subi un conditionnement qui nous aurait rendu ces bruits intolérables.

Quelque chose qui nous était hyper énervant, stressant nous est devenu tolérable (peut-être même qu'on l'a enfoui, oublié du coup) parcequ'on aurait fait glisser le caractère énervant de ce truc, cet évènement sur des bruits de bouche, qui du coup sont devenus intolérables. Une sorte de traumatisme enfoui profondément en nous, oublié, masqué par l'intolérance aux bruits anodins pour ne pas penser à cet évènement?

L'impression que ça commence par les bruits de bouche des parents, et que ça se propage ensuite aux gens qui vont devenir nos proches et à d'autres bruits. Le truc ce serait de parvenir à comprendre ce qui a fait, la première fois, qu'un bruit anodin soit devenu déclencheur d'un prodigieux énervement! Et pourquoi ce conditionnement continu, se répand, se propage sur d'autres personnes et d'autres bruits...

Mais ça peut-être aussi l'expression d'un espèce de phobie, une manière d'éviter à tout prix une situation particulièrement stressante, et là ce serait la situation d'être à table avec ses parents. Est-ce qu'il n'y aurait pas un conflit, un malaise inconscient avec l'un des deux, un truc subi pendant l'enfance? Après on peut partir sur une espèce de phobie sociale qui s'exprimerait comme ça. Ne pas aimer les situations de groupe, "à table" de manière générale...

Faudrait que chacun évoque davantage, sa vie, ses habitudes, son enfance, certains évènements qu'ils pensent liés au 4S, pour pouvoir faire des recoupements, tenter de comprendre. Problème d'une génération? d'un mode de vie? d'un tempérament? on peut même remonter à la naissance (la prématurité par exemple, on sait jamais!) Ne serait-ce que dresser une liste de mots qui nous caractérise, je ne sais pas. Malheureusement, j'ai davantage l'impression qu'on est obligé de faire et vivre avec, et d'adapter notre environnement pour que ça se manifeste le moins possible. Et si le problème ne venait pas de nous, mais de ce qui nous entoure?
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nala



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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Dim 22 Avr - 3:11

Je ne vais pas m'attarder sur mon caractère etc (notamment car j'écris peut-être dans le vide, je crois que ce forum est à l'abandon), mais je trouve ton analyse tout à fait pertinente. Je me retrouve vraiment tout à fait dans cette énumération, avec quelques petites variantes certes (normal), mais c'est tout de même frappant.

Peut-être aurons-nous l'occasion d'en parler plus prochainement.
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sylvdem



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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Lun 23 Avr - 13:46

C'est vrai que si je n'avais pas reçu l'alerte sujet, je n'aurai pas vu ton message avant un bout de temps, je viens ici vraiment occasionnellement. Et comme le forum n'est pas très fréquenté, ça ne pousse pas à s'investir...

Je serai ravi d'échanger et discuter un peu, y a pas de souci!
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nala



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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Lun 23 Avr - 13:49

Très bien !
Car je suis allée sur le fameux forum américain, mais le problème (quoique j'ai peut-être mal cherché) est que les gens ne s'attardent pas trop à rechercher les raisons, explications et points communs entre tous.
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sylvdem



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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Lun 23 Avr - 17:02

Je ne suis jamais trop allé sur les forums américains, mais j'ai l'impression qu'on peut en parler plus facilement là-bas et que ce "mal" est un peu plus reconnu. En France on a toujours quelques métros de retard en psychologie...

Et puis oui, c'est pas facile d'en parler. Cette part de soi qu'on ne comprend pas on a parfois envie de la mettre de côté... mais ça remonte toujours plus ou moins à la surface; c'est en général dans ces moments là que je reviens faire un tour ici.

D'ailleurs mon dernier message remonte à l'année dernière, et si je refais un peu le point, c'est toujours un peu pareil: parfois le sentiment d'être "à cran" sans savoir pourquoi...et puis l'état d'esprit joue beaucoup, je vais être plus ou moins tolérant envers les bruits suivant mon humeur, le degré de stress, le pire étant quand j'ai besoin de me concentrer...
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cecily



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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Mar 19 Juin - 13:48

C'est surtout en Angleterre que ça bouge! J'ai été impressionnée par le site:"misophonia.UK".
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cecily



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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Mar 19 Juin - 13:51

Je suis laconique parce que mon ordinateur est presque en panne: plein d'"arrêts inopinés", grrr! En tout cas, maintenant je suis partante si on se réunit pour s'entraider et si on s'organise pour faire connaître et reconnaître notre différence.
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Gwenn



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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Dim 21 Oct - 20:35

J'arrive peut être un peu tard sur ce forum et cela ne fait que quelques mois que j'ai entendu parler pour la première fois de la misophonie ... Ce que je viens de lire ici me stupéfie littéralement . Symptômes, aversions phoniques spécifiques, profil psychologique personnel (suis aussi musicien), tout ce qui est écrit, même cette allusion apparemment anodine au souci pointilleux de l'orthographe, tout me ramène à mon propre vécu.
En ce qui me concerne, en apprenant que la misophonie existait, j'ai ressenti comme un soulagement ; ce n'était pas comme une sorte de diagnostic incurable et inquiétant, mais plutôt une forme de reconnaissance du savoir bien-vivre parmi les autres. Cela m'a aussi permis d'en parler avec mes enfants en dédramatisant sur le registre de l'auto-dérision : "je suis misophone, c'est incurable, respect svp !"... Du coup, ils m'appellent le miso ! Ils conçoivent l'inconfort que je subis, y prêtent attention, et curieusement, en ayant identifié cette aversion "pathologique", je ressens moins de difficulté à vivre avec... Le surcharge anxiogène quotidienne que cette gêne indéfinie me faisait supporter semble s'être pour une bonne partie évaporée...

Où en êtes vous de votre projet/souhait de vous rapprocher ? ça me paraît être une excellente idée et je serais ravi de vous rencontrer et/ou d'échanger....
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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Lun 22 Oct - 10:42

Salut Gwenn,

Merci pour ton témoignage. À nouveau, ce soucis de l'orthographe et de la grammaire qui transparaît. Serions-nous tous psychorigides?

Sinon, ça aurait été pas mal de faire ta présentation dans la partie prévue à cet effet.
Comme tu vois, ce forum va doucement reprendre du poil de la bête et je pense qu'il est temps que nous commencions à échanger plus assidûment entre les membres, que ce soit virtuellement par mail ou via des rencontres réelles. Ce projet de réunion me tient à cœur. On va la prévoir. Bienvenue Gwenn et comme tu dis, mettre un nom sur le symptôme est déjà rassurant, même si les témoignages quant à sa curabilité le sont moins;)
À bientôt

P.S.: pour info, j'ai édité ce message 3 fois pour corriger des fautes de frappe, êtes-vous aussi atteints de ce "problème"?
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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Lun 22 Oct - 11:01

Sylvdem,

J'ai lu ton gros message dans ce post. Je le trouve super intéressant dans le sens où tu cherches à analyser, faire des recoupements sur les points communs et je trouve que c'est la démarche que nous devrions tous avoir. Alors je vais relire attentivement tous les posts de ce forum. Il serait ideal qu'on participe tous ensemble à notre guérison. Il va de soi que pour chacun d'entre nous, c'est l'une des principales améliorations que l'on puisse faire pour notre bien être. Je ne sais pas encore comment je vais m'y prendre, mais puisqu'on s'est tous trouvé, profitons-en pour unir nos forces.

Je réfléchis et revient à la charge bientôt.
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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Lun 22 Oct - 21:27

Du genre à passer une heure sur une seule phrase! Je voudrais toujours que tout soit parfait...

Cette idée de rencontre est intéressante, et puis pouvoir en parler avec des gens qui comprennent vraiment ce que c'est...Je devrais peut-être aussi essayer de participer davantage au forum. Il y a de plus en plus de personnes qui se manifestent, mine de rien, c'est assez motivant.

Il y a clairement un profil et des traits de caractère qui ressortent dans les témoignages. Je ne sais pas si établir un questionnaire précis pourrait aider à mieux cerner les choses et peut-être les creuser.
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Gwenn



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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Mar 23 Oct - 13:31

Il y a aussi le fait qu'un mot soit un mot et qu'il porte une valeur sémantique primordiale. J'y suis très attaché tant dans l'expression écrite que dans l'expression orale. Pour être précisément entendu et compris, j'apporte un soin attentif à la qualité de la formulation de mes opinions en général, ou de mes instructions dans le cadre du travail en particulier. Il m'est tout bonnement insupportable qu'on détourne mes propos ou qu'ils soient interprétés de façon hasardeuse. Je peux concevoir qu'on ne me comprenne pas, auquel cas je réitère mes explications, mais ça me met particulièrement en rogne si on ne respecte pas la lettre de mes propos. Je le ressens comme une véritable atteinte à ma capacité de penser et d'exprimer ma pensée, une injure, un irrespect caractérisé. Et je n'hésite pas à en faire état, ce qui peut me rendre très cassant vis-à-vis de mon interlocuteur.

Un autre point concernant l'aversion aux bruits "buccaux" intempestifs : je porte un mot qui, à mon sens, convient bien aux comportements insupportables (mastiquer, boire bruyamment, parler la bouche pleine...)... Obscénité, je perçois cela comme des attitudes obscènes.

J'aurais également aimé échanger sur les rapports que nous échangeons avec le fait de se nourrir.
Franchement, perso, c'est le "minimum syndical"... Aucune "sacralisation" du repas, les courses alimentaires sont une corvée et ma cuisine n'est pas vraiment un lieu de culte. Je me nourris point barre, sans difficulté et vite fait bien fait . Mais je suis surtout attentif à ce que mes enfants mangent correctement (attitude, quantité, qualité). Mon gros problème, c'est le petit dernier qui mange comme un moineau et boude facilement son assiette. Cette attitude déclenche chez moi certaines angoisses que j'ai un certain mal à réprimer et il m'est arrivé de me fâcher pendant certains repas au cours desquels il n'avalait rien. (... Je sais, c'est nul !)
Si ce n'est pas hors-sujet, je pourrais aborder dans une autre communication un point concernant ma propre petite enfance au sujet de l'alimentation.

Gwenn
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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Mar 23 Oct - 19:41

Je me considère comme n'étant pas très porté sur la bouffe; j'avoue que le plaisir de manger et la gastronomie en général, tout ça m'échappe un peu. Dans une société qui semble vouer un véritable culte à la nourriture, ça ne le fait pas trop!

Les restaurants, très peu pour moi; passer 2 heures à table, non merci, je vais trépigner d'impatience assez rapidement.

Après, je ne vais pas cracher sur du chocolat mais bon, si le monde pouvait tourner autour d'autres choses que la bouffe, l'argent et le sexe,ne s'en porterait-il pas mieux...? Ou je suis trop "cérébral" pour apprécier pleinement les plaisirs "primaires"!
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Gwenn



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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Mar 23 Oct - 20:26

Resto, jamais;
Chocolat, plutôt au lait et sans modération;
Conception de la futilité des biens matériels très développée (argent, voiture ou autres emblèmes de "réussite par la consommation"), je ne possède quasiment rien (de quoi plonger un huissier en profonde dépression);
Par contre le sexe, je ne peux pas dire que ce ne soit pas mon truc - ça ne serait pas vrai -, si ce n'est que ma satisfaction dépend là encore d'exigences très marquées....Si je peux me permettre, la barre est haute! Et un détail dérisoire peut être rédhibitoire.
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MessageSujet: Re: Ma petite histoire...   Jeu 25 Oct - 3:04

En lisant vos messages les amis, je prends conscience de certaines choses. Certains points communs sont frappants et sautent aux yeux. Je ne suis pas très "haute gastronomie" non plus, du moment que ce soit agréable à manger et que ça nourrisse. Je suis quelqu'un d'impatient aussi. La perte de temps, c'est pas mon truc et quand je me suis surpris à glander une après-midi, si je considère que ça n'a pas été en compagnie de quelqu'un qui en valait la peine, j'ai l'impression d'avoir perdu ma journée. Inversement, si mon temps a été utilisé de façon rentable, je suis satisfait, et peux dormir tranquillement.

Ce soucis de l'orthographe et de la tournure des phrases n'est plus une coïncidence pour moi d'après tous les témoignages trouvés par ici. C'est un point commun, cela va de soi. Alors peut-être est-ce dû au fait que nous, misophones, avons des aptitudes intellectuelles plus élevées que la moyenne, ou alors est-ce dû au fait que nous ayons aussi un TOC à ne pas écorcher les mots (parfois j'ai cette impression aussi). Même ma ponctuation doit être travaillées, sinon, je ne me sens pas bien. Je ne pourrais pas mettre un mot après une virgule sans laisser un espace d'abord.

Suis-je bizarre? Je pense que oui. Certaines personnes me l'ont déjà dit. Je passe parfois du coq à l'âne, parce que je trouve que nous avons fait le tour d'une discussion. J'aime parler, parler, parler, je parle comme je pense, et parfois je regrette d'en dire autant sur ma vie à des gens que je ne connais pas bien. Ici, c'est différent, nous sommes là pour nous dévoiler, et sommes encore des anonymes les uns pour les autres. Bien sûr, je ne leur parle pas de ma misophonie.

Récemment, j'ai fréquenté un "trou de balle" (ça me fait du bien de l'appeler comme ça, ça me défoule). C'était un pote temporaire. J'ai un bel entourage d'amis (proches ou moins proches), mais j'étais dans une période où je le fréquentais lui. Il reniflait intempestivement et déglutissait tellement fort que je ne pouvais pas ne pas lui faire savoir que ça me dérangeait à certains moments. J'étais obligé de justifier la raison pour laquelle j'allais me mettre deux fauteuils plus loin. Ce type disait que j'avais un Bjuic comme il appelait cela. Il voulait sans doute dire un TOC, et continuait à me dire: "mais un Bjuic sérieux quand-même", tout ça juste parce que je me déplaçais quand il déglutissait dans mon oreille. Il a même dit un jour au téléphone à un de ses potes :"tu sais pas quoi", il n'aime pas quand je renifle. J'avais envie de le cogner. Qu'est ce que ce triple con savait de ma souffrance face à ce problème et de quel droit il s'en moquait. Je ne le vois plus du tout et c'est tant mieux. Les gens intolérants, il ne m'en faut pas.

Je suis quelqu'un de serviable. Lundi, je vais chercher un ami à 5h du matin à l'aéroport, à une heure de chez moi, juste par amitié. Il a posté ça sur Facebook, j'ai proposé directement mon service. Et ça me fait plaisir. Je n'aime pas demander de services par contre.

Le sexe, j'aime bien et comme Gwenn, je suis exigeant, un rien peut être rédhibitoire pour moi. Je ne suis pas fan des imperfections sur la peau chez une fille. Ca détruit mon désir.

Pour moi, ce qui serait idéal, et même si j'ai l'impression que ça a été fait sur un forum anglophone à propos du 4S, ce serait de faire un formulaire très complet avec des multichoix, qui remplirait une base de données dans laquelle on pourrait faire des recoupements entre tous les misophones.

Ainsi, on demanderait les infos principales (Prénom ou pseudo, année de naissance, ville,...). Ensuite on attaquerait sur les origines et les dates de notre problème (Année de début de la misophonie, personnes de l'entourage avec qui ça a commencé, personnes avec qui l'effet de colère est le plus grand, etc, etc...)
Puis on attaquerait sur toute une série de caractéristiques déjà repérées sur le forum (exemple: j'ai une bonne orthographe (un peu, peu, normal, beaucoup, énorme, gigantesque) ou alors faudrait-il associer un nombre sur une échelle de 1 à 10 si la phrase nous correspond. J'ai toute une série de questions en tête, et ensemble, on pourrait créer ce questionnaire pour être le plus exhaustifs possibles. Ainsi, plutôt que de lire des tartines entières comme celle que je vous fais, on irait à l'essentiel, on synthétiserait notre problème, pour ceux qui parlent Français. Je pense aussi que de le faire dans notre langue natale est important. Même pour ceux d'entre nous qui parlons Anglais, nous trouverons de meilleures réponses dans une langue que nous maîtrisons.

Voilà donc ce que je propose concrètement (je pourrais en reparler dans un autre sujet). Faire ce formulaire et que chacun ait accès aux données de la base de donnée, via une autre page. Est-ce que quelqu'un sur ce forum a les compétences techniques pour le faire. Sinon, je prendrai sans doute du temps pour étudier une façon de faire, mais je ne dis pas non si quelqu'un qui s'y connait peut m'en faire gagner pour les bases de ce projet de petite envergure technique, mais de grande envergure curative:)

Et pour la grosse rencontre, je suis toujours prêt. Ce formulaire permettra à tout le monde de localiser les gens proches de chez eux, n'est-ce pas un grand pas pour les misophones francophones. Je rends l'antenne...

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